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Une baleine
à bec échouée au Mont Dore !
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L’animal échoué
début mars au Mont Dore, était déjà bien décomposé,
sa nageoire dorsale avait disparue. Il est probable qu’il a dérivé
en mer depuis quelques temps, mort ou bien malade vu le nombre de cicatrices
rondes laissées par les petits requins.
Ce n’est ni un dauphin,
ni un cachalot. Cet animal appartient, en effet, à la famille des
Ziphiidés qui comprend une vingtaine d’espèce dont la plupart
sont peu connues. Ces cétacés sont appelés communément
« baleines à bec » bien qu’ils n’aient rien à
voir avec des baleines. Ils vivent dans l’océan et non pas dans
le lagon. Ce sont donc des espèces pélagiques qui se
nourrissent de calmars et possèdent une dentition très réduite
constitués de deux à quatre dents apparaissant seulement
chez les mâles adultes. Ils présentent un bec, et leur taille
varie entre 4 m et 12 m selon les espèces.
Il est possible d’identifier
les mâles adultes à partir de la forme et de la position de
leurs dents mais les femelles et les jeunes posent souvent des problèmes
de reconnaissance.
La biologie et l’écologie
de ces baleines à bec sont peu connues et la description de certaines
espèces a été réalisée à partir
d’un ou deux animaux échoués. C’est pourquoi il est très
important de collecter toutes les informations concernant ces animaux.
Merel Dalebout, termine
actuellement un doctorat ayant trait aux baleines à bec. Elle a
reconstitué l’histoire de ces animaux à partir de spécimens
de musée. |
Patiemment elle a
collecté de la poudre d’os provenant de squelette ayant pour certains
plus de 100ans. Elle a également récolté des petits
morceaux de peau sur des animaux échoués. Puis dans le cadre
du laboratoire d’Ecologie et Evolution de l’Université d’Auckland
elle a analysé l’ADN de ces baleines à bec.
Après avoir
observé les photographies prises au Mont Dore, Merel pense que l’animal
échoué appartient peut être à l’espèce
appelée « baleine à bec de Blainville ». En effet
cet animal est de petite taille, 4m et la forme de sa bouche tout d’abord
rectiligne puis qui s’incurve vers le haut rappelle celle de cette espèce.
Mais l’absence de dents laisse à penser que l’animal était
une femelle ; l’identification est donc délicate car d’autres espèces
présentant des caractéristiques proches peuvent être
rencontrées dans la zone.
L'analyse génétique
réalisée au laboratoire d'Ecologie et Evolution de l'Université
d'Auckland a permis de révéler qu'il s'agit bien d'une baleine
à bec de Blainville. |
Que nous apprennent les
échouages
Les échouages de
mammifères marins sont généralement peu fréquents
en Nouvelle-Calédonie. On en recense environ un par an mais certaines
années, sans que l'on puisse attribuer à ce phénomène
une quelconque raison les échouages se multiplient.
En mars 2001 un bébé
cachalot s'échoue à Lifou. Grâce à un petit
morceau de peau récolté par Pierre Primot, vétérinaire,
il a été possible de connaître le sexe de l'animal
échoué : une femelle.
C'est également
une femelle qui s'est échouée au Mont Dore en juin dernier.
L'analyse génétique de l'achantillon prélevé
révèle qu'il s'agit d'une baleine
à bec de Blainville (Mesoploson
densirostris), espèce qui n'était connue de Nouvelle-Calédonie
que par deux dents!
Les
échouages de mammifères marins sont généralement
peu fréquents en Nouvelle-Calédonie. On en recense environ
un par an mais certaines années, sans que l'on puisse attribuer
à ce phénomène une quelconque raison les échouages
se multiplient. Les analyses effectuées sur ces animaux nous permettent
d'obtenir des information quant à l'état de santé
des océans grace à l'analyse des métaux lourds, des
pesticides, des radio-éléments (Garrigue
et al., 2000).
En 1997, 2 globicéphales
s'échouent à l'ile ds Pins, quelques semaines plus tard c'est
au tour de 2 cachalots pygmés de s'échouer, l'un à
Nouméa, l'autre à Touho. Les résultats relatifs à
l'analyse de 11 métaux lourds vont être présenter au
XIVème congrès sur les mammifères marins à
Vancouver en novembre 2001 (Bustamante
et al., 2001, 2003).
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